Les fautes invisibles

Si j’aurais ou si j’avais ?

La réponse

Après un si qui pose une condition, on met l’imparfait ou le plus-que-parfait, jamais le conditionnel : « si j’avais su, je ne serais pas venu ». Le conditionnel va dans l’autre moitié de la phrase.

Le piège

La phrase entière parle d’une chose qui n’a pas eu lieu. Le conditionnel est justement le mode de l’hypothèse, alors on le met partout, par souci de cohérence. Le raisonnement se tient ; la grammaire, elle, a décidé autrement.

Le piège est d’autant plus traître que deux tournures voisines sont correctes. « J’aurais su, je ne serais pas venu », sans « si », est admis : l’Académie accepte deux propositions juxtaposées au conditionnel. Et quand « si » introduit une question indirecte, le conditionnel est normal : « je me demandais s’il viendrait ». Seul le « si » de la condition refuse le conditionnel.

D’où ça vient

« Si » vient directement du latin si, qui avait le même sens, et figure en français dès le IXe siècle.

Le conditionnel a une histoire plus pittoresque. En latin tardif, on disait cantare habebam, « j’avais à chanter » : un infinitif suivi de l’imparfait du verbe habere, « avoir ». Les deux mots se sont soudés et ont donné « je chanterais ». C’est pourquoi le conditionnel porte les terminaisons de l’imparfait : -ais, -ait, -ions.

Pour s’en souvenir

Les scies n’aiment pas les raies : après « si », pas de conditionnel en -rais. Si j’avais, si j’étais, si j’avais su. L’imparfait « si j’entrais » garde, lui, tous ses droits.

En situation

Quiz

À vous de jouer

  1. Question 1 sur 5

    Si j’______ su, je serais parti plus tôt.

  2. Question 2 sur 5

    S’il ______ moins cher, je l’achèterais.

  3. Question 3 sur 5

    Si vous veniez, nous ______ ravis.

  4. Question 4 sur 5

    Je me demande si elle ______ d’accord.

  5. Question 5 sur 5

    Le conditionnel est né de l’infinitif suivi de l’imparfait du verbe ______.

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