Les fautes invisibles

Malgré que ou bien que ?

La réponse

Devant un verbe, on préfère bien que ou quoique, suivis du subjonctif : « bien qu’il pleuve ». Malgré se construit avec un nom : « malgré la pluie ». L’Académie recommande d’éviter « malgré que » au sens de « bien que ».

Le piège

« Malgré la pluie » est parfaitement correct. Quand on veut mettre un verbe à la place de la pluie, on ajoute « que », comme on passe de « avant le repas » à « avant que ». La logique est impeccable, et c’est bien pourquoi la tournure est si répandue.

Elle a même de beaux répondants : l’Académie reconnaît que de nombreux écrivains ont employé « malgré que » au sens de « bien que ». Elle recommande pourtant de l’éviter, et le TLFi note que les puristes la tiennent pour incertaine. Rien d’infamant, donc, mais « bien que » vous évitera toute discussion.

D’où ça vient

« Malgré » est formé de « mal » et de « gré », et s’est longtemps écrit en deux mots. Vers 1165, « mal gré » veut dire « contre le gré de quelqu’un ». Agir malgré quelqu’un, c’est agir contre sa volonté.

Ce sens survit dans le seul emploi que l’Académie juge correct dans la langue soutenue : malgré que j’en aie, avec « avoir » au subjonctif, qui signifie « à contrecœur, en dépit de moi ». Il est attesté vers 1250. Mérimée l’emploie dans Carmen, en 1847.

Pour s’en souvenir

Malgré devant un nom, bien que devant un verbe : malgré la pluie, bien qu’il pleuve.

En situation

Quiz

À vous de jouer

  1. Question 1 sur 5

    ______ il soit tard, le magasin est encore ouvert.

  2. Question 2 sur 5

    ______ le froid, nous avons pique-niqué.

  3. Question 3 sur 5

    Bien qu’il ______ raison, personne ne l’écoute.

  4. Question 4 sur 5

    « Malgré que j’en aie » signifie ______.

  5. Question 5 sur 5

    « Malgré » est formé de « mal » et de ______.

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