Les fautes invisibles

Affleurer ou effleurer ?

La réponse

Affleurer, c’est apparaître à la surface ou arriver au même niveau : « la roche affleure sous le sable ». Effleurer, c’est toucher très légèrement : « cette idée ne m’a pas effleuré ».

Le piège

Les deux verbes descendent de « fleur », et tous deux parlent de surface. L’un décrit ce qui monte jusqu’à elle, l’autre ce qui la touche à peine. Entre la pierre qui pointe hors de l’eau et la main qui frôle l’eau, l’écart est mince, et à l’oral un A et un É se confondent vite.

Le sens figuré n’arrange rien. Une colère peut affleurer dans une voix : elle devient perceptible. Un doute peut effleurer l’esprit : il passe sans s’installer. Dans les deux cas, quelque chose se montre un peu. Demandez-vous si cela sort de dessous ou si cela passe dessus.

D’où ça vient

« Affleurer » vient de l’expression « à fleur de », qui signifie « au niveau de » : on dit encore « à fleur d’eau » ou « à fleur de peau ». Dans cette locution, la fleur n’est pas celle du jardin, c’est la surface. Le verbe apparaît en 1397 chez les bâtisseurs, au sens de « mettre de niveau ».

« Effleurer » est dérivé de « fleur » avec le préfixe é-. Vers 1236, esflourée qualifie ce qui a perdu sa fraîcheur ; en 1549, effleurer veut dire « dépouiller de ses fleurs ». Le sens de « toucher légèrement » apparaît en 1578, et celui d’« examiner superficiellement » au début du XVIIe siècle.

Pour s’en souvenir

Affleurer contient « à fleur » : ce qui arrive au niveau de la surface. Effleurer, c’est ce que fait un souffle sur une fleur : il la touche à peine.

En situation

Quiz

À vous de jouer

  1. Question 1 sur 5

    À marée basse, les récifs ______ près de la côte.

  2. Question 2 sur 5

    Pas une seconde, cette hypothèse ne m’a ______.

  3. Question 3 sur 5

    La balle a juste ______ le mur.

  4. Question 4 sur 5

    Sous la politesse, une certaine irritation ______ dans sa voix.

  5. Question 5 sur 5

    « Affleurer » vient de l’expression ______.

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