Le mot juste
« Une autre alternative » : où est le problème ?
La réponse
Une alternative est un choix entre deux possibilités qui s’excluent : partir ou rester. L’emploi pour « solution de rechange » est répandu, mais l’Académie le déconseille et Le Robert le signale comme critiqué. À l’écrit soigné, préférez solution de remplacement ou autre possibilité.
- Le sens courant
- Solution de remplacement, autre possibilité (emploi critiqué). Une alternative au plastique.
- Le sens premier
- Choix obligé entre deux possibilités qui s’excluent. Être placé devant l’alternative de partir ou de rester.
Le piège
« Il n’y a pas d’alternative » sonne comme « il n’y a pas d’autre solution ». Au sens strict, la phrase dit autre chose : il n’y a pas de choix entre deux voies. Et « une alternative au plastique » désigne pour la plupart d’entre nous un matériau de remplacement, alors que le mot nommait le dilemme lui-même, pas l’une de ses branches.
Le glissement est naturel. Le français n’a pas de mot court pour désigner chacune des deux options d’une alternative : c’est l’explication que donne le TLFi quand l’usage appelle « alternative » chacune d’elles. De l’option, on passe aisément à la solution de rechange. Littré s’agaçait déjà qu’on dise « choisir entre deux alternatives » : il n’y a jamais qu’une alternative, composée de deux éléments.
Litote ne fera pas la police : l’usage a largement adopté le sens de rechange. Mais dans un mail professionnel, « une autre solution » passe partout, et « une autre possibilité » remplace sans risque « une autre alternative ».
D’où ça vient
Le nom est tiré de l’adjectif « alternatif », sans doute par ellipse d’un nom comme « proposition ». L’adjectif est formé sur alternatum, supin du latin alternare, « alterner », avec le suffixe -if. En 1562, « alternative » désigne une succession à tour de rôle, sens qui survit dans « des alternatives de pluie et de soleil ».
Le sens de choix apparaît en 1680 chez Richelet, qui définit l’alternative comme le « choix de l’un ou de l’autre ». En 1690, Furetière l’enregistre en droit : deux choses dont on propose le choix en justice. Le sens de « solution de remplacement » est bien plus récent.
Pour s’en souvenir
Une alternative a toujours deux branches : c’est la bifurcation, pas l’un des chemins. Pour l’un des chemins, dites option ou autre solution.
En situation
- Nous sommes devant une alternative : reporter la réunion ou l’écourter. sens strict : deux possibilités
- Si le train est supprimé, avez-vous une autre solution pour venir ? plutôt que « une alternative »
- Il connaît des alternatives de doute et d’enthousiasme. sens ancien : succession d’états
- Le fournisseur propose une solution de remplacement au plastique. à l’écrit soigné
- L’alternative est simple : tu ranges ta chambre ou tu ne sors pas.
Quiz
À vous de jouer
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Question 1 sur 5
Au sens strict, une alternative est ______.
Deux possibilités qui s’excluent : c’est tout, et c’est déjà assez.
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Question 2 sur 5
À l’écrit soigné, plutôt que « une solution alternative », on écrira ______.
L’Académie déconseille de faire d’« alternatif » un synonyme de « de remplacement ».
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Question 3 sur 5
Selon Littré, « choisir entre deux alternatives » est ______.
Il n’y a jamais qu’une alternative, composée de deux éléments.
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Question 4 sur 5
Dans « des alternatives de pluie et de soleil », le mot signifie ______.
C’est le sens le plus ancien : ce qui revient tour à tour.
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Question 5 sur 5
L’emploi au sens de « solution de rechange » est aujourd’hui ______.
L’usage l’a adopté, les ouvrages normatifs le déconseillent.
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